Des bombes signées « From Paris with love » pour bombarder Daesh


Depuis samedi, deux photos circulent sur les réseaux sociaux. Il s’agit de bombes américaines destinées à être larguées sur les positions de Daech et signées de ce message : « From Paris, with love ».

Si leur authenticité à d’abord été contestée, elles ont été authentifiées aujourd’hui par le site metronews après enquête.

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Elles avaient fait sensation sur les réseaux sociaux samedi. Deux photos de bombes américaines siglées "From Paris with love", dont le site émetteur affirmait qu'elles étaient destinées à être larguées sur les positions de Daech, au lendemain des sanglants attentats dans la capitale française. Dans une ambiance de choc, mêlé à la colère et au désir de revanche, de nombreux internautes ont salué l'initiative des soldats américains.

Mais alors que de nombreuses intox circulaient déjà sur les mêmes réseaux sociaux, des internautes ont aussi émis un doute sur l'authenticité de ces clichés. Se tournant, pour s'en assurer, vers les médias qui, dès samedi matin, ont entrepris de vérifier ces rumeurs. Chez Buzzfeed, on a conclu samedi que ces deux photos étaient fausses, en s'appuyant sur le profil a priori très peu sérieux de la page Facebook où elles étaient apparues en premier, intitulée : "U.S. Army W.T.F! Moments". Laquelle est coutumière, comme son nom l'indique, du partage d'"infos" insolites et avait écrit pour l'occasion ce message effectivement peu protocolaire : "Hey Daech ! L'armée US vous envoie un paquet de la part du peuple de France". En revanche, Buzzfeed n'a en pas pu analyser les images en elles-mêmes, la seule version circulant sur Internet ayant été modifiée, pour y intégrer notamment le tatouage numérique du site émetteur.

Or selon les vérifications menées par metronews, qui a pu se procurer les originaux des photos, celles-ci n'ont pas été trafiquées. La version originale des photos numériques permet en effet, grâce à un logiciel, d'en extraire ce que l'on appelle les données Exif, qui contiennent des informations sur les fichiers. En l'occurrence, on apprend que les clichés ont été pris avec un iPhone et surtout la date de la prise de vue… le 14 novembre. Samedi donc. Bien sûr, comme toute donnée informatique, les données Exif ne sont pas impossibles à trafiquer. "Mais la date reste la plus difficile à changer", nous indique un photographe professionnel qui, après avoir examiné les fichiers, estime que "tout a l'air clean".

"Ces photos sont authentiques", nous assure l'équipe qui gère la page Facebook (et le réseau Twitter associé) "U.S. Army W.T.F! Moments". Qui se défend au passage d'être uniquement satirique : "Nous avons effectivement débuté, il y a environ 5 ans, comme une page Faceook satirique sur tout ce qui concerne le quotidien de l'armée américaine. Mais depuis, nous avons évolué en page de plaidoyer pour les vétérans. Grâce à l'accès direct que nous avons à des militaires répartis dans le monde entier, nous obtenons des informations quasiment en temps réel. Nous ne prétendons pas être journalistes, et nous ne le sommes pas (la plupart d'entre nous sommes des personnels de l'armée en service ou à la retraite), mais nous utilisons les informations que nous recevons et le pouvoir positif des réseaux sociaux avec une touche d'humour".

Si les photos ont bien été prises le 14 novembre, il est donc possible que des petits malins de l'armée américaine aient tagué des bombes, une tradition déjà identifiée dans l'histoire militaire. En revanche, rien ne prouve que ces bombes étaient réellement destinées à être larguées sur des positions de Daech en Syrie, où les armées française et américaine mènent des frappes. Et encore moins, donc, qu'elles aient réellement été larguées.

 

Source : Metronews

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